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Carnet de Vigne

Vendanges 2026 — L'année de toutes les surprises

Tout le monde s'y attendait. Moi le premier.

4 septembre 2026 · Kwame Yamgnane

2025 avait été une année de chaleurs exceptionnelles, une de ces années qui fait souffler un vent de fébrilité dans les vignes dès le mois de juillet. 2026 s'annonçait pire — bien pire. Les températures de l'été ont largement dépassé celles de l'année précédente, et j'avais déjà ma petite idée sur ce que ça allait donner : des vendanges précoces, un millésime sous tension, des raisins au bord de la surmaturité.

Je suis donc parti en vacances en Bretagne — ma Bretagne natale — avec cette certitude tranquille au fond de la tête. 15 août, les vendanges commencent. C'est couru d'avance. Et j'avoue avoir nourri un espoir secret : la Fête des Filets Bleus à Concarneau. Une fête que j'aime profondément, une de ces parenthèses qui font du bien.

L'appel du chef de culture est tombé.

Les analyses des échantillons étaient faites. Ce serait le 17 août.

Deux jours de gagnés. Concarneau, les filets bleus, la fête. Puis retour dans les vignes.

L'agitation de la cuverie

Pendant que je profitais des derniers jours bretons, la cuverie s'animait. Il faut tout laver, tout préparer, tout vérifier. Le matériel doit être irréprochable pour tenir des heures — et des heures — de travail sans faillir. Chacun connaît son rôle, et c'est une des choses que j'apprécie le plus dans cette équipe : pas besoin de tout dire. Tout le monde sait.

Jules aux commandes dans les vignes, imperturbable.
Fafa au lavage des caisses, méthodique comme toujours.
Et l'équipe de cave, tendue comme un arc, prête à encaisser.

Les équipes partent dans les vignes à 6h30 du matin et terminent vers 12h30-13h00. Pendant ce temps, à la cave, on s'active. Les nuits se prolongent jusqu'à 3h du matin. Le réveil sonne à 6h. La sieste de l'après-midi devient une nécessité physiologique, pas un luxe.

Les surprises du millésime

Et c'est là que 2026 a commencé à nous étonner.

Le Mercurey 1er Cru Champs Martin est ramassé en premier. Les analyses de moût et le tonnage arrivent. Et ils sont... meilleurs qu'en 2025. Sensiblement meilleurs. La dégustation confirme ce que les chiffres laissaient entrevoir : des raisins mûrs, parfaitement mûrs, mais sans aucune trace de surmaturité. L'équilibre qu'on cherche toujours. Celui qu'on n'obtient pas toujours.

Puis viennent les Rully Fromages. Ultra qualitatifs, une fois encore — et c'est toujours aussi étonnant avec cette parcelle. Les moûts sont magnifiques. Les bourbes, qu'on peut goûter à même la cuve, sont propres, précises. La table de tri ? On ne la sort même pas. Inutile. Tout est net, tout est là.

Un millésime généreux

Début septembre, les vendanges s'achèvent.

Le bilan tombe et c'est la vraie grande surprise de l'année : les quantités sont bien supérieures à celles de 2025. Dans une année qui s'annonçait sous pression thermique, la vigne a produit davantage, et mieux. La conversion bio, le travail des sols, les choix faits année après année dans les vignes — tout cela finit par se voir dans les cuves.

2026 restera comme l'année où l'on attendait le pire et où la vigne a répondu par le meilleur.

La suite

Les vins sont maintenant en cave, au calme, dans les foudres Rousseau, les jarres en terre cuite et les pièces. Ils prennent leur temps. Nous aussi.

Rendez-vous dans quelques mois pour les premières dégustations. Nous avons hâte de vous les présenter.